vendredi 14 février 2014

Le Cahier technique du Pain des Clotasses - épisode 2


Conservation et vieillissement du pain au levain

2 phénomènes sont en jeu dans le vieillissement du pain: le premier est la perte d'eau (séchage) et le second est la rétrogradation de l'amidon (= rassissement)
Pour compliquer les choses, ces 2 phénomènes évoluent de manière contradictoire, c'est à dire que la présence d'eau accélère la rétrogradation.
Si on veut stopper le rassissement, on doit enlever l'eau (en séchant le pain, c'est le principe de la biscotte), ou rendre l'eau inactive (par congélation). Mais si on cherche conserver l'eau dans le pain (en l'enfermant par ex), on accélère le phénomène de rassissement...

La solution miracle pour conserver le pain longtemps consiste donc à le congeler!
Mais surtout pas à l'enfermer dans un sac plastique ou au réfrigérateur (c'est en effet aux alentours de 0°C que le pain rassit le plus vite).

L'intérêt du levain (et vous l'avez peut-être remarqué) réside dans le fait que l'acidité qu'il apporte freine beaucoup le phénomène de rétrogradation de l'amidon et le pain se conserve naturellement beaucoup plus longtemps.
L'autre élément très important de l'affaire, c'est que la réaction biochimique qui régit le phénomène de rassissement est une réaction réversible!
C'est à dire que si on prend un pain rassi, qu'on lui ajoute l'eau qu'il a perdue, et qu'on le rechauffe (au four par ex), il redevient (presque) comme frais! (véridique!).
Je vous invite chaleureusement à tenter l'expérience:
Prenez le morceau de votre pain des Clotasses qui survit encore 4 ou 5 jours après la livraison (ou beaucoup plus, je l'ai fait après 2 semaines!). Tranchez-le. Passez les tranches rapidement sous le robinet. Étalez les tranches sur la grille du four, et passez le tout au grill pendant 2 ou 3 minutes de chaque côté (jusqu'à ce que les tranches ne soient plus mouillées). Vous serez surement étonnés du résultat: Du pain comme frais!!
C'est d'ailleurs ce phénomène qui est en jeu dans le "pain perdu" bien connu de nos grand-mères, dans lequel l'eau est remplacée par du lait...

C'est une bien mauvaise nouvelle pour nos poules, mais quand vous aurez découvert le "pain rafraichi", vous n'aurez plus de crouton perdu!

lundi 3 février 2014

Livraison de Gugusse 2

Ça y est, Gugusse 2 (un four Chevet tout beau tout neuf) est là!
Ce monsieur est un four à ossature métallique, à foyer bois, avec 2 soles tournantes superposées, fabriqué artisanalement par une entreprise familiale de l'Aude (capacité max 80 kg).
Reste à raccorder la cheminée et à réaliser les 5 chauffes de "rodage", et nous pourrons nous lancer dans la première fournée!

En image ci-dessous les péripéties de la livraison de vendredi:















vendredi 22 novembre 2013

Atelier croissants du 16 novembre 2013

Nous étions 13 adultes et 11 enfants réunis samedi 16 novembre au fournil pour l'atelier "croissants".
Détrempe, pâton, beurre de tourage, laminage, détaillage, façonnage.... autant de termes qui n'ont plus de secrets pour les apprentis boulangers!
Nous nous sommes régalés à partager ce moment et à déguster nos productions. A refaire!



vendredi 25 octobre 2013

"Le cahier technique" du Pain des Clotasses

Épisode N°1: Les arômes du pain au levain

Le levain naturel est un mélange de farine et d'eau qui, ensemencé naturellement par les germes présents dans l'air ambiant, se met en fermentation. C'est ce levain que les boulangers des premiers temps ont toujours utilisé.

Jusqu'à ce que quelques petits curieux se rendent compte qu'une des souches présentes dans ce milieu de fermentation était beaucoup plus efficace que les autres pour faire lever le pain. Il s'agissait de la levure portant le doux nom de Saccharomyces Cerevisiae, la fameuse levure de bière (et de boulangerie!).

Ces petits malins (ou leurs descendants) se sont donc attelés à purifier cette levure afin de n'utiliser plus qu'elle seule pour la boulangerie. Et notre Saccharomyces devint vite la star des fournils!
Elle a même rapidement fait évoluer le standard des pains (et le goût des mangeurs) vers des pains beaucoup plus levés et alvéolés (l’extrême étant la baguette).

Mais nous savons tous que la formatisation et la standardisation n'ont jamais donné de très bonnes choses, et cette purification, tout en facilitant au passage la mécanisation du travail de la pâte, a fait perdre au pain une bonne partie de ses arômes.

En effet, le très grand éventail de levures et de bactéries présentes dans le levain naturel, en dégradant l'amidon du blé, produit une riche gamme de "produits de fermentation" dont la quasi totalité sont des composés aromatiques, que vous retrouvez sur vos papilles quand vous dégustez du pain au levain.
Saccharomyces, seule dans son petit coin, fait bien pâle figure à côté de cette foule joyeuse de petits ferments producteurs de bonnes saveurs!!

Sachez tout de même au passage que la loi française autorise l'appellation "Pain au levain" du pain levé à la levure, mais dans lequel on a rajouté du levain desactivé deshydraté pour en récupérer une (bien pauvre!) partie de ses arômes...

lundi 15 juillet 2013

Samedi 13 Juillet 2013, visite des champs et du moulin de Nicola

Après la grande fournée collective, qui nous avait permis de découvrir la transformation de farine en pain, nous sommes allés, samedi 13 Juillet,  explorer l'amont de l'histoire ... à savoir "du grain de blé à la farine"!
Nous étions 19 adultes et 10 enfants partis au cœur du Volvestre à la rencontre de Nicola Belviso, paysan-meunier bio à Latour.

Un beau soleil, un paysage splendide (vue panoramique sur la chaine des Pyrénées), un gîte extra (qui nous a donné envie d'y organiser l'AG 2014 au cours d'un week-end), des blés à maturité prêts pour la récolte, une moissonneuse-batteuse qui a fait la joie des enfants, ... et un moulin du Tyrol, fonctionnant à l'énergie solaire.

Tout y était pour que la journée soit belle et elle n'y a pas manqué!
On remettra ça l'année prochaine pour ceux qui ont raté l'occas'!



vendredi 22 mars 2013

Fournée collective et festive du 16 mars

Nous étions 70 adultes et 50 enfants, samedi 16 mars 2013, à pétrir, bouler, façonner, touiller, patouiller, malaxer, enfourner, défourner, nous régaler, papoter, chanter, danser, nous rencontrer... Grande réussite pour cette première "fournée collective et festive"!




mercredi 20 mars 2013

Un pain porteur de sens!


Voici quelques éléments à connaitre sur le "pain conventionnel" et le pain au levain naturel

-         Les blés et la farine

La farine utilisée dans la boulangerie conventionnelle est issue de blés modernes hybridés, sélectionnés pour leurs caractéristiques mécaniques, au détriment de leur intérêt nutritionnel et de leur goût.
De plus, ces farines sont très raffinées. Lors de la mouture, les éléments les plus nutritifs du grain, ceux du germe et des couches périphériques, sont éliminés pour produire une farine aussi appauvrie que purifiée. C’est une farine morte, vidée de ses éléments vitaux (fibres, vitamines, minéraux).

La farine utilisée en boulangerie conventionnelle contient 14 additifs (améliorants, correcteurs ou régulateurs). Ils servent à accélérer la levée de la pâte, mieux dorer la mie, supporter la mécanisation (pétrin à grand vitesse, diviseuse, façonneuse), éviter la formation des petits bulles à la surface des baguettes, etc…

A l’inverse, le pain fabriqué à partir d’une farine issue de blés anciens moulue par un paysan-boulanger local (Volvestre), en plus de réduire l’impact écologique, de favoriser la biodiversité cultivée et les semences locales, et de s’extraire de la logique industrielle, est beaucoup plus riche en nutriments et en saveur. Par contre, plus pauvre en gluten, il requiert un savoir-faire beaucoup plus important dans le travail de la pâte.

-         Levain ou levure ?

La levure utilisée en boulangerie conventionnelle est un champignon microscopique portant le joli nom de saccharomyces cerevisiae (c’est aussi la levure de bière). Elle permet de faire lever le pain très fort et très vite.

Le levain naturel est un mélange de farine et d’eau ensemencé naturellement par les levures et bactéries de l’air ambiant. Contrairement à la levure de boulangerie, le levain est composé d’un large éventail de bactéries et de levures (dont, entre autres, notre fameuse saccharomyces) qui, au cours de la fermentation, apportent tout leur arôme au pain au levain.

Faire du pain au levain nécessite une connaissance de la fermentation et un fin savoir-faire. Le levain est vivant, il requiert la plus grande attention et doit être « rafraichi » régulièrement à une température bien précise, dans des proportions d’eau et de farine bien précises…
La fermentation au levain, plus lente que celle à la levure, permet aux enzymes de dégrader l’acide phytique (néfaste pour la santé) contenu dans l’enveloppe du grain, ce que ne permet pas la fermentation à la levure.

Les pains vendus dans les boulangeries conventionnelles sous l’appellation « pain au levain » sont le plus souvent fabriqués en réalité avec de la levure. Du levain desactivé deshydraté est simplement ajouté pour apporter du goût.



Alors mangeons du pain bon, sain, nourrissant, porteur de sens et de valeurs !